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George Grard (1901-1984) est unanimement reconnu comme un de nos grands sculpteurs belges. Il est resté toute sa vie fidèle à un thème unique: l'amour du corps féminin. Dès ses oeuvres de jeunesse, il s'exprime à travers l'étude du nu et cette collaboration entre l'artiste et le modèle restera constante. L'évolution de son travail est tout sauf spectaculaire: dans les limites qu'il s'impose, s'épanouit un monde divers et muet de figures assises, couchées ou debout. Dans le contexte mouvementé des années '30, '40 et '50, quand la lutte entre le figuratif et l'abstrait soulève de vives discussions, Grard restera convaincu de la voie qu'il a empruntée. En 1992, dans une courte introduction, il écrit qu'il ne sait pas grand chose des luttes entre les groupes et les écoles: Je regarde tout ça de loin. La vie même m'interesse davantage, c'est en elle que je puise. Ces mots simples le caractérisent et reflètent son attitude cohérente. Dans les années '30, Grard part pour la côte; c'est là qu'il tombe amoureux de la lumière et qu'il continue à travailler jusqu'à sa mort. Des artistes comme Pierre Caille, Paul Delvaux et d'autres marcheront dans son sillage, si bien qu'on parlera plus tard de l'Ecole de St. Idesbald. Si l'on considère toute l'oeuvre de George Grard, on est frappé par le fait que, jusqu'au milieu des années '50, il a travaillé avec des modèles bien en chair. Les historiens d'art ont repéré dans ses sculptures, l'atmosphère méditerranéenne de l'oeuvre d'Aristide Maillol. Quant à Grard, il se sentait plutôt en affinité avec les sculptures sensuelles d'Auguste Renoir. En 1957, Grard travaille un mois au Congo: l'Africaine Anasthasie l'inspire pour sa Petite Africaine, une figure debout, élancée. Cette sculpture marque une rupture dans son oeuvre et indique le passage vers un nouveau type de femme. Ces figures etirées resurgiront au cours des années '60 et '70 dans une série de sculptures que Grard lui-même renvoie à la nature: ...maintenant j'ose penser à un arbre devant une sculpture debout, à une montagne devant une forme ramassée, à l'eau devant une figure couchée. C'est pourquoi une figure de trente centimètres peut s'intituler La Mer. Grard ne travaille pas la pierre. Il a commencé par modeler la terre. Plus tard, c'est le plâtre qui prendra le dessus. Il travaille la forme avec des limes et des râpes jusqu'à atteindre la tension exacte. Ensuite, les sculptures seront coulées en bronze selon la technique de la cire perdue. Au cour des années '60, on remarque une évolution dans le travail du bronze. Contrairement aux patines sombres à texture lisse, on verra apparaître la surface accidentée d'une fonte brute qui souligne davantage les contrastes entre les zones sombres et les zones éclairées. Vers la fin des années '70, le sculpteur connaît des problèmes
de santé. Le travail en plâtre grand format lui devient difficile
et il se met à dessiner de plus en plus. Le Musée expose une
sélection de cette dernière série qui témoigne
d'une interprétation plus libre et plus expressive du modèle. Statues monumentales en Belgique
Sculptures de petit format
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La Naïade
| bronze
1949-50 | H. 300cm |
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La grande
Africaine | bronze
1957-58 | H. 180cm |
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Dessin
encre chinoise sur papier japonais 1976 | H. 95cm
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MUSÉE GEORGE
GRARD
Ekestraat 1, B-8691 Gijverinkhove
België • tel +32 (0)58 298219 fax +32 (0)58 298596
e-mail: stichting.george.grard@skynet.be
