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Dans son testament, George Grard avait confié à sa femme la tâche de suivre d'un oeil attentif la pérennité de son travail. Il lui demandait de contrôler personellement chaque pièce en bronze à la fonte. Madame Van Mieghem, elle-même sculpteur, assistait son mari dans la transformation des plâtres en bronzes. Aussi est-elle bien au fait de ses exigences. C'est dans ce souci que la Fondation George Grard s'est enrichie d'une fonderie. L'importance et la fonction d'une fonderie intégrée à la Fondation s'explique comme suit: - Dans la technique de la sculpture l'argile ou le plâtre sont rarement les matériaux définitifs, mais plutôt une base pour la tranformation en bronze. George Grard attachait beaucoup d'importance à la qualité du bronze, ce qui l'a incité à passer des moules de sable à la technique de la cire perdue. Dès les années '50 ce choix l'obligeât à travailler quelques mois par ans à Mendrizio en Suisse. Plus tard quelques fondeurs belges se mirent à la technique de la cire perdue. Dès lors (à partir des années '70) Grard fit fondre ses oeuvres a Alost où il collabora avec Jem Marginet qui dirige aujourd'hui la fonderie de la fondation. Que la fondation ait sa propre fonderie et une équipe de collaborateurs permanents, dirigée par Francine Van Mieghem est une garantie pour la qualité et la continuité de son oeuvre. Les bronzes que la Fondation George Grard crée depuis 1995 sont d'abord destinés à élargir la collection. La fonderie a également produit une série de multiples d'après une petite étude de Grard: les revenus ainsi obtenus sont utilisés pour la maintenance et l'agrandissement de la fondation. Comme dans les arts graphiques, le sculpteur qui fond ses oeuvres peut en produire plusieurs exemplaires. Beaucoup de malentendus entourent les usages et la législation relatifs aux originaux numérotés. Légalement, on peut fondre jusqu'à 12 exemplaires d'une sculpture qui seront alors tous considérés comme des originaux. Beaucoup de sculptures n'ont été fondues qu'en petit nombre pendant la vie de George Grard, ce qui l'a mené à faire part de son inquiétude vers la fin de sa vie. Aussi la fondation attache-t-elle beaucoup d'importance à informer correctement l'amateur d'art sur ce point. Des contacts que la fondation George Grard a eu avec le public ces dernières années il ressort que la technique de la cire perdue excite la curiosité. Les non-initiés ne peuvent comprendre ce procédé complexe que si toutes les phases en sont rendues plus concrètes. Grâce à l'ouverture au public des ateliers pour des visites guidées, le profane peut se faire une idée de cette technique laborieuse qui demande, pour aboutir à un objet de qualité, beaucoup d'expérience et de métier. Panneaux éducatifs et maquettes donnent une image concrète des phases successives. Et bien sûr il est possible d'assister au moment supprême où le bronze en fusion est coulé. En portant le procédé intégral à l'attention du public, la fondation inscrit l'activité de sa fonderie dans le cadre élargi de sa mission éducative sur la sculpture.
Si l'on opère selon le procédé de la cire perdue, cela implique que l'on réalise une sculpture en cire identique. Sur l'original en plâtre on confectionne un moulage dont les divers éléments sont enduits de cire liquide. Il importe que l'épaisseur soit la plus égale possible, puisque c'est elle qui détermine l'épaisseur du bronze. Ensuite on assemble les parties creuses de la cire refroidie, et l'artiste ou le mouleur peut maintenant vérifier la forme et le traitement de la surface et reprendre, si nécessaire en son entier, la sculpture en cire. Sur cette figure on applique, dans la même matière, les jets et les évents. L'étape ultérieure consistera à appliquer à l'intérieur et autour de l'épreuve en cire un matériau réfractaire pour ensuite cuire le tout au four à haute température, de façon que la terre réfractaire soit cuite, alors que la cire s'évapore. L'expression "cire perdue" se justifie du fait que cette cire s'en va littéralement en fumée. Dans le creux qui se constitue du fait de la cuisson on coulera ensuite le bronze liquide.
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FONDATION GEORGE GRARD